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Exposition "Précieux déchets"
(Cité des Sciences et de l'Industrie, Paris, France)
Heure locale

Lundi 4 mars 2024

 

Ce sont chaque année plus de deux milliards de tonnes de détritus qui sont générés à l’échelle planétaire. Il est évident que notre façon de concevoir, de produire et de consommer laissera une marque indélébile et toxique pour les futures générations, d’autant plus qu’un bon nombre de ces déchets souillent le sol, l’’eau et l’air de notre planète. L’exposition « Précieux déchets » présentée jusqu’au 1er septembre prochain, à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris (75), invite à prendre conscience de cette pollution tout en incitant à une réduction draconienne de leur quantité et en envisageant un retraitement intelligent de ces déchets.

 

L’homme est le seul être vivant sur cette Terre à produire des déchets. Cette pollution résulte de la face cachée de notre société de consommation, un état de fait que l’on a refusé de voir pendant longtemps mais qui persiste et s’accroit avec le temps, dans la mesure où ce type de société est indissociable d’un puissant phénomène de production et d’accumulation de résidus en tous genres dont certains sont très toxiques. Contribuant activement à la dégradation de notre environnement et incompatible avec les exigences de la décarbonation des activités humaines, le déchet est un encombrant et indésirable compagnon de l’humanité moderne.

Divisée en trois parties, l’exposition informe le public notamment sur le coût des déchets, la manière d’éviter d’en produire, et leur potentiel de revalorisation, grâce, entre autres, à la créativité sans limites des designers. Une façon de dessiner les contours d’une existence libérée des détritus.

 

La première partie de cet évènement aborde l’apogée des déchets comme un problème de taille.

Tandis que la nature ne produit aucun déchet, l’homme, par son style de vie, ne cesse de produire de nouveaux détritus, que ce soit en utilisant des objets en plastique, en se servant d’objets à usage unique ou en se voyant imposé par les constructeurs des objets dont l’obsolescence est déjà programmée.

La production de déchets s’est ainsi intensifiée au cours de ces deux derniers siècles, et plus particulièrement depuis le milieu du XXème siècle.

L’exposition nous montre ici les rouages de la production de masse et du consumérisme. Le visiteur découvre ainsi les effets de la surconsommation du plastique et d’autres matières, et bien sûr, des déchets qui en découlent.

La culture du jetable est bien sûr abordée : cela fait un demi-siècle que notre société a perdu le réflexe de réparer les objets. Production de masse et matériaux bon marché semblent s’être concertés afin d’axer la consommation sur des produits à usage unique pour faciliter le quotidien et réduire la charge des tâches domestiques. Au final, gobelets, couverts ou couches jetables s’entassent dans les poubelles. Chaque année, 19 millions de tonnes d’objets plastiques à usage unique sont ainsi produits dans le monde et l’épisode du Covid-19, avec l’utilisation d’équipements de protection jetables et les emballages utilisés qu’une seule fois, n’a pas amélioré la situation. Si l’on persiste dans cette direction, la totalité des poissons peuplant les océans pèseront moins lourds que les déchets plastiques retrouvés en mer en 2050.

Hautement polluant, et dangereux pour les espèces animales, le plastique a pourtant plein d’atouts : fabriqué à partir de pétrole brut, il est léger, malléable, imperméable et durable. Conçu à l’origine pour remplacer l’ivoire et les écailles de tortue, il est désormais présent dans de nombreux produits du quotidien (conservation des aliments, réduction du risque de contamination en médecine, production de seringues, de casques de protection, de bouteilles, de cartes de crédit, de voitures, de chaises de bureau, de vestes imperméables ou de téléphones portables).

 

La deuxième partie du parcours de visite s’intéresse au potentiel des déchets.

Il se trouve que nous utilisons annuellement plus de ressources que notre planète ne peut en régénérer.

Par ailleurs, les excès de notre économie du tout jetable génèrent de gigantesques quantités de déchets. Saviez-vous que 90 % des matières premières utilisées dans la fabrication d’objets deviennent des déchets avant même de quitter l’usine et que 80 % des objets sont jetés au cours des six premiers mois de leur vie ?

Entre les objets abandonnés dans les décharges, les produits en plastique récupérés dans les mers, les vêtements, les produits alimentaires, les éléments de construction ou les composants électroniques, il est urgent de se poser la question suivante : ce que nous jetons a-t-il de la valeur ?

Fort de ce constat, cette deuxième partie amène les visiteurs à porter un regard différent sur les déchets et explore des pistes pour faire évoluer notre mode de vie actuel (qui consiste à prendre, fabriquer, utiliser et gaspiller) vers une approche différente englobant la conception, la fabrication et la consommation.

De nombreux projets sortent quotidiennement de la tête des designers, qui rendent possible le recyclage des matériaux pour en faire de précieuses ressources. Des matières premières d’autant plus précieuses que les technologies et les applications de bien-être qui nous assistent au quotidien nécessitent des matériaux dont l’existence n’est pas infinie, et des processus de fabrication complexes. De plus, ces nouveaux produits sont constitués d’une multitude de matériaux.

A ce stade, les designers permettent d’observer comment nous exploitons les ressources terrestres et nous alertent sur le cout environnemental et humain des matières premières et des ressources naturelles utilisées pour produire tous ces biens que nous consommons.

Si les pays riches sont rarement confrontés à des pénuries, ils génèrent en revanche d’énormes quantités de déchets, en croissance constante, et non maitrisées. Collecter, trier et recycler ces déchets rendrait possible une deuxième vie pour tous ces matériaux en leur redonnant du sens et de la valeur. Ces mêmes designers contribuent aussi à révéler la polyvalence, la beauté et le potentiel de ces précieux matériaux que sont les déchets, et à faire évoluer les systèmes de recyclage par des initiatives communautaires à petite échelle ou de la technologie de pointe à plus grande échelle.

 

La dernière partie de cette exposition suggère la fin des déchets et de nouveaux modes de vie.

Fruits de la recherche, on découvre de nouveaux polymères solubles pour les emballages, des vêtements fabriqués à partir d’algues, des meubles créés à partir de déchets coquilliers ou encore des bâtiments construits à l’aide de matériaux durables ou conçus pour la déconstruction.

Ces découvertes sont le résultat de collaborations interdisciplinaires entre designers et biologistes, chimistes et ingénieurs, pour imaginer un avenir sans déchets.

Cette troisième partie du parcours de visite attire l’attention sur la manière utilisée par ces créateurs visionnaires pour anticiper la fin de vie d’un produit dès le stade de sa conception afin de le rendre plus durable et plus facile à réparer et à recycler.

Fabriquer pour le long terme, c’est produire des objets avec une longue durée de vie et facilement réparables avec des pièces détachées disponibles, remplaçables et recyclables. Il convient par ailleurs de réfléchir à ce qu’il adviendra de l’objet une fois celui-ci hors d’usage.

Cultiver un avenir sans déchets est le seconde préoccupation des designers. Ces derniers réussissent déjà à valoriser les déchets locaux, à promouvoir des techniques de fabrications innovantes et à soutenir les emplois de réinsertion sociale. En collaboration avec les scientifiques, ils proposent de nouveaux biomatériaux fabriqués à partir de déchets agricoles, de champignons ou d’algues, qui offrent certaines des propriétés des plastiques, à savoir l’isolation, la légèreté, l’imperméabilité, la transparence, et le pouvoir d’être dégradable et non toxiques.

 

Lors de cette visite, le public se voit proposer une grande frise chronologique qui donne un aperçu de la production des déchets de 1700 jusqu’à nos jours. On y retrouve les grands évènements historiques, l’évolution démographique mondiale et les innovations dans le conception des objets et dans la gestion des déchets, les changements législatifs, et les actions militantes.

 

Sur un autre tableau figurent des chiffres-clés, histoire de marquer les esprits :

 

- Plus de 170 000 milliards de particules plastiques flottent dans les océans, soit 2,3 millions de tonnes de microplastiques, l’équivalent de 700 fois le nombre d’étoiles dans la Voie lactée ou 15000 baleines bleues.

 

- 11 millions de tonnes de plastiques finissent chaque année dans les océans, soit l’équivalent d’un camion poubelle de plastique chaque minute.

 

- 1,3 milliard de tonnes de nourriture est gaspillé chaque année (soit l’équivalent d’un tiers de la production alimentaire totale).

 

- Sur les 7 milliards de tonnes de déchets plastiques générés à ce jour sur la planète, moins de 10 % ont été recyclés.

 

- de 7,6 millions de tonnes (en 2012) à 12,4 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques sont générés dans l’Union européenne. Moins de 40% d’entre eux sont recyclés.Il y a du boulot !

 

 

INFOS PRATIQUES :


  • Exposition « Précieux déchets », jusqu’au 1er septembre 2024, à la Cité des Sciences et de l’Industrie, Parc de la Villette, 30 avenue Corentin-Cariou à Paris (19ème).












 



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