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Exposition "Fontainebleau, portraits d'un château"
(Château de Fontainebleau, Seine-et-Marne, France)
Heure locale

 

Lundi 26 février 2024

 

Qui ne connaît pas le château de Fontainebleau, ne serait-ce que de nom ? L’exposition « Fontainebleau, portraits d’un château » invite justement le public à porter un regard détaillé sur cette magnifique demeure, jusqu’au 25 mars prochain. 250 œuvres graphiques (dessins, aquarelles, gouaches et estampes) issues des collections de ce château sont présentées aux côtés de deux grandes maquettes historiques afin de mettre en lumière l’architecture, les décors et les jardins de ce qui fut la demeure des rois, et de porter un nouveau regard sur l’évolution architecturale de la résidence impériale.

 

Il existe des secrets bien gardés comme celui de l’existence d’un fonds iconographique de première importance sur le château constitué non seulement du fonds palatial d’estampes envoyées au début du XIXème siècle pour orner les appartements et les corridors, mais aussi des multiples acquisitions réalisées depuis le début du XXème siècle pour enrichir le « musée historique », soit près d’un siècle d’enrichissement des collections nationales.

L’exposition met en exergue l’importance du dessin, ses conventions et les usages des documents produits (gestion du palais, délimitation cadastrale, projets de transformation ou de restauration, souvenirs, illustrations…), tandis que les vues de Fontainebleau, diffusées par les plus grands artistes, font ressortir la volonté de camper le château dans toute son étendue et d’attirer l’attention sur ses curiosités architecturales, tout en insistant sur l’originalité de ses décors et la richesse des jardins et des fontaines.

Le visiteur, convié à cet évènement, a l’impression de se promener dans le temps et l’espace, en découvrant au fil de sa balade, les multiples facettes du château, articulées entre cours et jardins, salles emblématiques et grands décors. Une demeure qui se livre à travers les siècles grâce à la vision des artistes et des architectes qui la façonnèrent et l’immortalisèrent.


 

Ce sont alors des milliers de feuillets qui composent le « portrait » de la demeure des rois. Utilisé depuis la nuit des temps, le dessin contribue aussi bien à l’étude archéologique qu’à la projection de transformation architecturale, incarnant ainsi l’instrument indispensable de l’architecte.

L’image apparaît bientôt, donnant naissance à de nombreuses publications dès le début du XVIIème siècle au gré du perfectionnement des techniques de reproduction.

Le dessin fixe un souvenir et fige le temps, en illustrant les différentes facettes de l’architecture du château et en éclairant l’évolution des bâtiments et des jardins. Et le public, de porter un nouveau regard sur la demeure royale en découvrant au fil de sa promenade différents points de vue à travers les aquarelles, gravures ou photographies :


 

La cour ovale, coeur du château

Cette cour, où se dresse encore la grosse tour carrée du donjon, correspond en effet à l’emplacement du premier château médiéval. Elle concentre tous les espaces nécessaires à la représentation du souverain autour de son logis : porte d’entrée majestueuse, escalier monumental dit de Serlio, chapelle double Saint-Saturnin, grande loggia devenue depuis salle de bal ouvrant sur le jardin, et même sur la chambre de la duchesse d’Etampes, maitresse du roi.

Future cour d’Honneur sous l’Ancien Régime, puis au début du XIXème siècle, la cour ovale est reliée dans les années 1830 par un couloir souterrain conduisant aux cuisines situées dans la cour des Offices.

Lieu de cérémonies et de fêtes, elle est l’écrin de la vie de cour. Et ses appartements royaux seront occupés par les différents souverains jusqu’à la fin du Second Empire.

 

Entre cour et jardin, les Offices

Il s’agit ici de la cour des Offices, immense quadrilatère à trois ailes prolongeant le château vers l’est. Celle-ci est destinée aux communs et aux logements des officiers de la Maison du roi. Elle incarne également le coeur de l’activité lors des séjours royaux, comme par exemple les cuisines reliées par un souterrain à la salle à manger créée pour Louis-Philippe sous la salle de Bal.

L’architecture de cette cour est constituée de dix-sept pavillons à toit d’ardoise de hauteurs différentes. L’entrée est quant à elle, marquée par un portail doté d’une niche monumentale.


 

Du grand jardin au grand parterre

Fontainebleau devient une maison de plaisance à la Renaissance,s’ouvrant vers l’extérieur et donnant naissance à plusieurs jardins. Chaque souverain ajoute et complète les aménagements précédents, comme sous le règne de Louis XIV où le jardin est métamorphosé par André Le Nôtre, qui lui offre davantage de régularité avec, en son centre, un grand bassin carré et la fontaine du Pot bouillant, encadrés de parterres de broderies. Le Nôtre ouvre aussi les perspectives, vers le grand canal en contrebas, grâce à une terrasse engazonnée surplombant le bassin et les cascades, puis vers la forêt et l’étang.

Cerné d’un alignement de tilleuls, le plus grand parterre régulier d’Europe garde à ce jour son tracé. Seuls ses parterres de buis seront peu à peu remplacés au cours du XIXème siècle par des massifs fleuris.

 

La cour de la Fontaine

Celle-ci est née de l’extension du château médiéval sous François 1er. Elle est nommée ainsi car cette cour fournissait l’eau à la table du roi. La fontaine était alors ornée d’une statue d’Hercule en marbre blanc, œuvre de Michel-Ange. Plus tard, une nouvelle fontaine prendra sa place durant le règne d’Henri IV.

Véritable théâtre à ciel ouvert et balcon sur l’étang, la cour de la Fontaine offre une unité architecturale depuis les travaux réalisés sous Henri II puis Charles IX. Sa surface sera même doublée sous Henri IV par un jardin en avancée sur l’eau, ensemble qui sera détruit en 1713.


 

La cour d’Honneur, l’autre visage du château

La cour principale du château possède plusieurs dénominations : cour du Cheval blanc, cour des Adieux ou cour d’Honneur.

Celle-ci est la plus vaste du château et offre un escalier monumental au travail architectural exceptionnel, élément de scénographie pour les entrées du souverain.

 

Le jardin de la Reine

Bordé par la galerie François 1er et l’aile des appartements royaux, le jardin de Catherine de Médicis est délimité dans les années 1560 par un fossé en eau. A cette époque, le devant de la galerie est doté d’une pergola ornée de sculptures et quatre parterres à dessins géométriques structurent le jardin.

Remanié sous Louis XIV le jardin est équipé d’une terrasse périphérique avec des arbres en pots et des sculptures de bronze. Et la volière devient une orangerie.

 

Des petits jardins au parc paysager

C’est sous François 1er qu’est aménagé le mystérieux jardin des Pins. Ce dernier est situé à l’ouest de l’étang qui abrite la mythique fontaine « Belle Eau » (devenu Fontainebleau).

Au XIXème siècle, ce jardin accueille des essences multiples dont des pins méditerranéens et des parterres géométriques. L’endroit abrite aussi deux constructions : le pavillon de Pomone et une grotte artificielle faisant office de salle de fraicheur. Agrandi sous Henri IV, il est bientôt divisé en de nombreux cabinets de verdure avec des haies taillées et des petits canaux. Il est enfin doté d’un verger, d’une allée de mûriers et d’un mail faisant fonction de terrain pour le jeu de croquet.

Même si l’endroit subira des transformations sous Louis XIV, c’est sous le Premier Empire qu’il connaitra les changements les plus importants avec transformation du jardin à l’anglaise, comprenant rivière, cascade de rochers, bosquets d’arbres, grandes pelouses et allées sinueuses. Le Second Empire le dotera par la suite de sculptures et d’attractions.

 

L’agitation des chantiers conduits par les Valois et les richesses du château de Fontainebleau attirent les artistes européens aux XVIème et XVIIème siècles.

Plusieurs guides de voyage sont édités au siècle suivant et aussi au XIXème. Ces ouvrages décrivent Fontainebleau comme un monument incontournable, grâce notamment aux importantes rénovations menées sous Louis-Philippe et Napoléon III.

Alors que la forêt pittoresque séduit les peintres de l’école de Barbizon, Fontainebleau devient la destination privilégiée pour les excursions à la campagne, la ville étant reliée à Paris par le chemin de fer dès 1849.

Sous Louis-Philippe et en l’absence de la cour, le palais est ouvert au public deux jours par semaine et pendant les jours fériés, entrainant un important flux touristique parfois difficile à gérer. Le tourisme s’accentue après 1870 car les présidents de la Troisième République ne résident pas dans les anciens appartements des souverains et désertent même le château au profit de celui de Rambouillet en 1894.

 

Quant aux publications illustrées recensant le patrimoine national et l’essor de la photographie seront à l’origine de la démultiplication d’images vendues comme souvenirs, dont les cartes postales. Une publicité bienvenue pour un palais qui deviendra musée en 1927.

 

 

INFOS PRATIQUES :

  • Exposition «  Fontainebleau, portraits d’un château », jusqu’au 25 mars 2024, au Château de Fontainebleau, Place du Général de Gaulle, à Fontainebleau (77)
  • Catalogue de l’exposition : Fontainebleau, portraits d’un château, 368 pages, 400 illustrations, 49€.

 









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